19440411 Exactions dans le Pays de Gex

Début avril 44 le garde-champêtre de Challex, M.CHAPPAZ est arrêté. On veut lui faire dire où est son fils qui vient de partir au maquis. Grâce à une filière de M. MAMY (directeur du barrage de Pougny), il a pu rejoindre un maquis à Corlier. M. PAOLI le vétérinaire est arrêté également ainsi qu’un inconnu. CHAPPAZ, n’ayant pas parlé, est fusillé près de Thoiry ainsi que l’inconnu, tandis que M. PAOLI est relâché. Quelques jours plus tard une petite troupe vient chez CHAPPAZ et saccage la maison de fond en comble alors que sa femme ignore encore qu’il est mort.

Le 11 avril M. MARCELOT de Collonges est arrêté, considéré comme otage, jusqu’à l’arrestation de son fils qui sera déporté. Le 11 juin il sera arrêté de nouveau et conduit à la prison de Gex. Il a été trouvé possesseur d’un revolver. CAPRI et la Gestapo savent peut-être qu’il est le chef de l’A.S. de Collonges, donc en contact avec l’A.S. de Bellegarde et qu’il assiste aux réunions chez BATON. Il mourra en prison sous les mauvais traitements et on l’enterrera de nuit le 13 juin 1944 en tant qu’inconnu trouvé pendu dans sa cellule en même temps qu’un autre, réellement inconnu celui-là. Le mensonge sera éventé par M. CLAVEL le charpentier qui en procédant à la mise en bière des deux victimes a reconnu MARCELOT. Le bruit de cette affaire s’étant répandu et ayant provoqué une vive émotion dans le pays de Gex, CAPRI, le gestapiste, tente d’accréditer la thèse d’un suicide de MARCELOT par pendaison et de plus veut le faire passer pour communiste ce qui est faux (MARCELOT était socialiste). En septembre 44, l’exhumation aura lieu et l’autopsie effectuée par le docteur CORCELLES de Thoiry prouvera l’absence de traces de strangulation et la présence d’une hémorragie abdominale consécutive à des coups.

Extrait de Résistance Cristal 4 (Jean Marinet et Robert Molinatti) Juin 2014

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