19400622 Fort l’Ecluse se rend

Voir aussi le dossier de l’association « Tempêtes sur les Alpes ».

Le 22 juin 1940, alors qu’ils étaient déjà depuis quelques jours dans la ville de Bellegarde, les Allemands s’approchent à plusieurs reprises du fort, sans succès et avec quelques pertes humaines.  C’est ce même jour, le 22 juin à 18h30 très exactement, que l’armistice est signé. Le Capitaine Favre dépose les armes par respect de la Convention d’Armistice mais tient le fort; aucun ordre de repli ne lui a été clairement transmis par ses supérieurs et malgré la pression des officiers allemands, il n’est pas question de leur abandonner ce fort puisqu’il n’était toujours pas pris par l’ennemi à la signature de cet armistice.

Malgré son bon droit et sa juste interprétation de cette convention, le capitaine Favre et ses hommes feront les frais d’un manque de soutien de la hiérarchie : le 3 juillet 1940, la reddition est actée, les hommes faits prisonniers et envoyés en Allemagne.


 

« … l’ordre de repli, maintes fois sollicité par le capitaine FAVRE, ne fut jamais donné. Il n’y a pas eu, comme le prétendait la légende, de volonté délibérée de résister en dépit des accords d’armistice. Et pourtant, c’est bien en raison de cette prétendue résistance que la garnison fut emmenée en captivité, drame dont on accusa, à tort, son capitaine.

En réalité, l’affaire est assez navrante et montre l’incroyable pagaille qui régnait dans le commandement français, en juin 1940. Le général HUNTZIGER, qui dirigeait la délégation française auprès de la commission d’armistice, ignorait tout de la garnison du Fort-l’Écluse, et jusqu’au nom exact du fort.

Quand les Allemands firent état de la résistance d’une troupe composée d’un général, de 40 officiers et d’hommes de troupe, le commandement français ne put qu’avaliser cette version bien qu’elle fût inexacte.

C’est donc la France qui donna l’ordre à la garnison du Fort-l’Écluse de se rendre et de partir en captivité. Le capitaine FAVRE protesta en vain: « Taisez-vous, lui répondit le représentant du commandement français : puisque le maréchal PÉTAIN et le général HUNTZIGER  vous ordonnent de vous rendre, vous n’avez qu’à obéir ! ».

(Article publié dans la Tribune de Genève sous la plume de Roger Anselme, 1983)

Lire aussi à ce propos « La reddition sur ordre de Fort-l’Ecluse après l’armistice de 1940 » (Charles Ecuvillon, 1983)


En 1940, « la drôle de guerre » se termina donc par l’occupation totale du Pays de Gex. L’arrondissement de Gex fut rattaché au département du Doubs. Le 21 mai 1942, Klaus Barbie sera nommé chef du commando extérieur de Gex en raison du lieu exceptionnel que représentait cette ville à quelques pas de Genève.

Vidé de tout, de l’armement au mobilier le plus insignifiant, Fort l’Ecluse sera peu à peu délaissé par l’armée allemande. Comme une coquille de noix vide, le fort restera figé là, seulement malmené par le vent et autre usure du temps.

En Juin 1944, le maquis de l’Ain intensifie très vigoureusement son action et Fort l’Ecluse devient une cible importante. Vivifiés par leur parfaite connaissance des lieux, comme cela sera le cas pour Marcel Barbier, l’un des responsables de l’Armée Secrète de Bellegarde, des hommes de Longeray, Léaz et des bourgs voisins prennent possession du fort inférieur et supérieur, la citadelle.

Malgré tout, cet épisode victorieux ne saurait être complet sans rappeler que dans leur déroute, comme ici et ailleurs, des soldats des troupes Allemandes se livrèrent à des exécutions sommaires, mirent à sac fermes et villages des alentours, du Pays de Gex et du Jura.


D’après le site de Fort l’Ecluse: http://www.lesitedefortlecluse.org/AuFilDesSiecles/Epoquemoderne.html

Une réponse à 19400622 Fort l’Ecluse se rend

  1. bernard fauvergue dit :

    bonjour mon pere a fait partie des hommes faits prisonniers a fort l ecluse, quand ils se sont rendus ils ont failli etre fusillés sur place pour « cause de resistance » , ca personne en parle; il est parti en stalag , 2 fois evadé ;2 sejours a rava ruska ce qui lui valut le statut de deporté et passage par kobierzin en pologne limite concentrationnaire. liberé par les americains a lukenwald (stalag 3a); j ai tout ses papiers y compris sa demande de libé fait par ma mere, ce qui a été refusé cause evasion du gl giraud.

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