Ornex: Jean Fouilloux, généreux donateur

Chaque année, dans chaque ville et village de France, autorités, population, anciens combattants – tous ceux de 1914-18 ont disparu, le dernier en France, Lazare Ponticelli est décédé le 12 mars 2008 à 110 ans – se réunissant pour commémorer dans le recueillement et autour du monument aux morts, le sacrifice des soldats « morts pour la France ».

A Ornex, une intéressante recherche exhaustive de l’Association des mémoires ornésiennes (AMO) explique que le monument aux morts situé à proximité de l’église a été inauguré le 19 septembre 1920. Une inauguration noyée sous la pluie, mais qui donna lieu à d’exceptionnelles festivités.

En 1919, une loi d’hommage aux anciens combattants vote l’attribution de subventions aux communes. Mais Ornex fit exception, puisque le monument fut intégralement financé par un donateur, enfant de la commune : Jean-Ernest Fouilloux (1862-1947), camionneur prospère, puis déménageur international de grand format, installé à Lyon.

« Quelque chose de convenable »

Dans une adresse au Conseil municipal, il écrivait : « Vous pouvez faire la plaque commémorative à la mémoire de nos chers disparus. Je ne vous fixe, bien entendu, aucune limite de crédit pour la dépense, car je tiens essentiellement à quelque chose de convenable. »

Le 12 septembre 1920, un extrait de délibération du Conseil municipal exprimait au donateur – dont le nom figure au bas de la stèle – toute sa gratitude.

Le monument fut confectionné par le tailleur de pierres Angelo Auguste Carvezasi, de Gex, et érigé dans le cimetière qui, à l’époque se trouvait devant l’église paroissiale St-Brice, dans l’allée principale conduisant de la route au porche de l’église.

Le monument ressemblait par sa forme aux pierres tombales environnantes. Le maire de l’époque, M. Juillard avait opté pour un style sobre et «convenable». En 1968, lors de l’agrandissement du cimetière le monument a été déplacé à son emplacement actuel et surélevé de deux marches-socles par l’entreprise Borgaly, de Segny.

Festive et patriotique

L’inauguration du 19 septembre 1920 fut à la mesure de l’événement auquel furent conviées les familles des disparus. Les rues du bourg d’Ornex et des hameaux de Maconnex et Villard étaient enguirlandées. Une messe fut célébrée par le curé Martin, assisté du vicaire de Gex (ancien poilu) et des discours prononcés, dont celui d’Albert Fouilloux, conseiller général, futur sénateur. Les enfants de l’école, à l’évocation des noms des 13 braves, lançaient « Mort au champ d’honneur, puis récitèrent l’hymne de Victor Hugo et chantèrent « Aux morts pour la patrie. » Les sapeurs-pompiers d’Ornex aux ordres du lieutenant Etienne Panissod, rendirent les honneurs

Le cortège se forma ensuite pour se rendre au banquet, servi par M. Perrier, réunissant 80 convives. Bal, tir, margotton prolongèrent cette journée mémorable.

Gérard Dous

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Le monument aux morts offert par Jean Fouilloux

Ne figurent sur la stèle que les noms des soldats tombés lors de la Grande Guerre. Mais on ne saurait oublier que 17% des morts étaient en fait des « disparus » ; de nombreux corps ont été déclarés « inconnus » parce que méconnaissables, beaucoup de furent jamais retrouvés. Le Pays de Gex et la Valserine ont perdu plus de 700 de leurs soldats au cours de ce conflit meurtrier.

Treize noms

Voici les noms des « Morts pour la France » qui figurent sur la stèle : Henchoz Ernest tué à l’ennemi en 1918 ; Lachaux Marcel- Louis, mort des suites de blessures 1918 ; Michaud Amédée, tombé au champ d’honneur en 1915 ; Michaud Jean-Marie, adjudant, tombé au champ d’honneur en 1915 ; Michaud Louis-Arthur, tombé au champ d’honneur en 1917, sous Verdun ; Panissod Lucien-Gabriel, disparu au combat en 1914 ; Philippe Jules-François, décédé des suites de blessures en 1914 ; Roger Marcel, tué à l’ennemi en 1914 – le premier mort d’Ornex – Terroux Félixc-Jean-Marie, décédé suites de blessures en 1916 ; Aubertinaz Cyrille, mort à l’hôpital en 1914 ; Crochet Félix-Auguste, mort en captivité en 1915 ; Frossard Joseph, tombé au champ d’honneur en 1918 ; Gay Adolphe-Edouard, tombé au champ d’honneur en 1914.

Michaud Jean-Marie, célibataire, classe 1910, adjudant au 44e RI, interprète à Paris, natif de Prévessin, tombé au Champ d’honneur le 29 décembre 1915, à St Hilaire-le-Grand, à la ferme des Waques (Marne) décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent.

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