Le lourd tribut gessien

Carré militaire 2014

691 Gessiens ont laissé leur vie dans les combats

Soldats, caporaux, sous-officiers et officiers gessiens sont tombés sur les différents champs de bataille, au cours de cette conflagration qui a vidé les campagnes et les villes.

Dans le canton de Gex – 12 communes – 243 hommes avaient fait le sacrifice de leur vie, dont 53 à Gex et 60 à Divonne-les-Bains. Dans le canton de Ferney-Voltaire – 9 communes – 142 soldats ne sont jamais revenus, dont 33 au chef-lieu de canton. C’est dans le canton de Collonges que le nombre de « morts pour la France » a été le plus lourd avec 306 victimes, dont 34 à Collonges et 37 à Peron.

Parmi toutes ces victimes tombées sous le feu de l’ennemi, des suites des blessures, dans des hôpitaux militaires, certaines ont disparu lors de la campagne des Dardanelles, prisonniers, voire dans un naufrage de transport de troupes.

Trois jours avant l’armistice

D’autres n’ont guère eu de chance, comme ces soldats morts quelques jours avant l’armistice. Ce fut le cas de Henri-Eugène Arcioli (classe 1915), soldat au 372e d’infanterie. Natif de Gex il était le fils de feu Joseph-Antoine Arcioli et de Louise-Adèle Dumollard, cultivateurs à Gex-la-Ville. Lui est décédé en Albanie, le 11 octobre 1918 et avait reçu la Croix de Guerre avec la citation suivante : « Très bon soldat. A assuré le ravitaillement de ses camarades sous un feu violent de mousqueterie. »

Auguste Bac, lui est tombé le 9 novembre 1918. Il était aide-major de 1ère classe, à l’ambulance de Laversine (Oise). Né à Pont-de-Vaux le 12 mai 1887, il était le fils de Frédéric Bar, entrepositaire des tabacs à Gex et de Jeanne Dubuc. Ce « médecin de grande valeur » avait été fait prisonnier à Mulhouse, d’où il s’était échappé et avait rejoint les lignes, obtenant ainsi une citation.

Marcel-Camille Benoit-Lison (classe 1918), soldat au 125e d’infanterie, était né à Gex le 19 juin 1898. Il était le fils de Benoit-Lison et de Fanny Courtois, propriétaires à Gex-la-Ville. Trois fois blessé, il est mort – le 8 novembre 1918 – à la quatrième de ses blessures à l’ambulance 15/16, à Cugny (Aisne).

De soldat à officier

N’oublions pas non plus un autre Gexois, qui se comporta en héros. Il s’appelait Alfred, Max, Joseph Godet (classe 1917), aspirant au 20e bataillon de chasseurs à pied, né à Gex en 1897, fils de Louis Godet, plâtrier-peintre à Gex et de Clémence Husser.

Employé à Paris, il était parti comme simple soldat au 17e d’infanterie. Il fut nommé caporal, puis sergent au 20e Chasseurs à pied, il devint enfin aspirant au 21e Chasseurs à pied.

Quatre fois blessé, il obtint plusieurs citations à l’ordre du régiment, du bataillon, de la division et de l’armée. Tombé au champ d’honneur le 1er juin 1918, il était décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme et trois étoiles.

Gérard Dous

(Source : Le livre d’or des enfants du Pays de Gex, édité en 1920 par l’imprimerie M.Boccard, à Gex).

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